Anne Pantillon   peintre
 

2008-2014

Travail du temps sur notre environnement, résonance avec l'univers. Tel est le thème central de ces séries.

Série Laves torrentielles 2013-14

Le caractère rauque, rocailleux, minéral, mais aussi fluide et presque sonore proposé par les oeuvres d’Anne Pantillon, nous plonge immédiatement au cœur d’un paradoxe, où les contraires s’entrechoquent et se côtoient avec force et sensibilité. La lave noire, brûlante, bouillonnante, comme surgie des profondeurs de la terre, semble se confondre, se mêler à l’énergie de l’eau tumultueuse, glacée des torrents, qui dévale des reliefs. (...)
En randonnée dans les Alpes, l’artiste, happée par la force titanesque des eaux, se laisse bousculer par les trombes volubiles des torrents qui, au plus fort de leur chevauchée charrient caillasses, boue, végétaux, sols ramollis par la fonte des glaciers. Ces signes évidents de la mue dont l’environnement naturel est l’instrument sont au cœur des préoccupations de l’artiste.

Métaphore du Temps, de l’impermanence, de la dissolution des choses ?
(...)
Tant l’eau des torrents que celle mouillant les rivages se déverse sur la feuille de papier utilisée par Anne Pantillon comme support, une eau véhiculant les composantes de l’œuvre, encre de Chine, pigments de terre, parfois graphite, le tout marouflé sur bois. Un travail inédit, oscillant entre le noir et le blanc, l’opacité et la lumière, le mouvement et le temps, ponctué d’espaces aux couleurs de terre, une véritable aventure artistique totalement originale à découvrir.'
Texte de Dr. Danielle Junod-Sugnaux, historienne de l'art 

Série Rivages et Roches 2010-2014

En forme de témoignage et de méditation sur l'oeuvre de Anne Pantillon, selon la citation d'un sage d'Orient 'j'ouvre ma fenêtre et laisse entrer le grand fleuve'.

La connaissance rigoureuse d'un esprit des formes, l'éthique de son attitude face à son métier de peintre engendrent chez Anne Pantillon une expression plastique et picturale sans concession où l'anecdote est bannie.

Dans le souvenir de mes arpentages sur les berges de sable de la Loire, dans la lumière miraculeuse d'un 'Rivage des Syrthes' de Julien Gracq, l'œuvre de Anne Pantillon m'amène à retrouver un temps dilaté, celui des origines.

Par l'ampleur de ses gestes, cette artiste nous révèle le diagramme de sa pensée créatrice et de son ordre de croissance. Les structures de ses 'Rivages' portent en elles-mêmes le rythme et l'harmonie du langage plastique de Anne Pantillon.

Le rythme profond intérieur de l'empreinte des matières, la montée harmonique colorée de la lumière créent par leurs mouvements de flux et de reflux le sens de l'œuvre.

Puis il y a l'eau, 'l'eau vivante', athanor des mutations des pigments et des matières, territoire inconnu irrigué par un fleuve intérieur dans un scintillement des particules baliseuses et détentrices d'un règne nouveau.

Réalité picturale hors du temps, celle de Anne Pantillon.

Texte de Jean-François Reymond, peintre :

Série Lits de rivière 2008-2014

"Ses œuvres racontent le temps qui passe et le temps qu’il fait. Le rythme du temps qui passe, c’est le rythme de la pluie, du ruissellement de l’eau. C’est un rythme régulier, mais tendu qui interpelle par le calme qui s’en dégage. La pluie devient trace."

Silvia Rohner, historienne de l'art